C’est grâce à notre travail collectif de lutte si la taxe santé est désormais abolie, n’ayons pas peur de le dire! Bravo! Le comité de coordination de L’R des centres de femmes du Québec tient à vous féliciter pour toutes les actions que vous avez entreprises dans le but d’abolir la taxe santé : les activités d’information, l’occupation du bureau du ministre Bloduc, les appels aux député-es, la distribution de tracts, les discussions de groupe, les manifestations, les articles, la perturbation de la conférence organisée par l’Institut du Nouveau Monde et Cyrano, la confection d’objets symboliques, le travail de mobilisation avec nos partenaires communautaires… et plus encore!
La Coalition opposée à la privatisation et à la tarification des services publics salue la décision du gouvernement Marois qui a confirmé, au premier jour de son gouvernement, l'abolition de la taxe santé avant le prochain rapport d'impôt et l'annulation, d'ici le Sommet sur l'éducation supérieure, de la hausse des frais de scolarité. Elle se réjouit également de l'abrogation de la loi spéciale (loi 12) qui imposait de graves limites aux droits civils et politiques.
Le 13 juin, dans la cadre de la journée nationale d'actions de la Coalition opposée à la tarification et la privatisation des services publics, près de 300 femmes, dont de très nombreuses participantes à notre congrès annuel, manifestaient dans les rues du centre-ville de Shawinigan pour l’abolition des hausses de taxes et de tarifs, la mise en place d’alternatives progressistes et le retrait de la loi spéciale.
Suite au dépôt récent du projet de loi 73, dit Loi concernant principalement la mise en oeuvre de certaines dispositions du discours sur le budget du 20 mars 2012, et à son étude en vase clos, plusieurs regroupements s’unissent pour protester contre la marche accélérée de notre fiscalité vers le principe d’utilisateur-payeur au cœur de la révolution tarifaire prônée par le gouvernement libéral. Deux dispositions du PL 73 indignent particulièrement, touchant la taxe santé et les PPP.
Par le projet de loi 73, le ministre propose d’élargir le nombre d’intervenants pouvant être financés par la taxe santé à « tout autre intervenant du système de santé et de services sociaux » approuvé par le Conseil du Trésor. Le gouvernement fait ainsi un deuxième pas dans le financement des services sociaux et de santé par une taxe dédiée et il prépare ses arguments pour l’augmenter. De plus, il intègre les organismes communautaires œuvrant en santé et services sociaux aux bénéficiaires du Fonds de financement des établissements de santé et de services sociaux, ce qui les assimile à des établissements alors qu’ils sont autonomes. Qui plus est, les organismes communautaires sont à même de constater l’appauvrissement de la population et ils ne se rendront pas complices d’une taxe qui contribue à l’appauvrir davantage.
Pendant que les yeux sont tournés vers la question de l'éducation, le 15 mai, le ministre Bachand déposait un projet de loi (PL73) qui concerne la gestion des fonds amassés par la taxe santé, entre autres. L'analyse ciblée réalisée par la Coalition solidarité santé nous apprend que ces fonds pourraient servir à financer à peu près n'importe quoi concernant le système de santé, des groupes de médecine familiale jusqu'à la formation des infirmières. Cela n'augure rien de bon. Je vous rappelle que lorsque des déléguées de L'R sont allées rencontrer le ministre Bolduc en novembre 2010, il avait laissé entendre que la taxe santé allait continuer d'augmenter et que peut-être, par la suite, ils pourraient songer à la moduler. Une affaire à suivre.
C’est en plein ras-le-bol général que les femmes d’ici et d’ailleurs manifestent aujourd’hui leur colère et leur grogne contre un gouvernement corrompu, entêté, pourri, à court d’arguments, farfelu, condescendant et méprisant. Contre un gouvernement qui s’entête à ne pas écouter sa population, qui est dans la rue depuis 13 semaines pour dire non aux hausses de frais de scolarité! Non au capitalisme! Non à la privatisation et au démantèlement de nos services publics! Contre une idéologie qui s’acharne à nous dire que nous n’avons pas le choix de couper, que nous ne pouvons taxer les entreprises, que c’est à toutes et tous de payer « leur juste part ». Une idéologie menée par la recherche du profit à-tout-prix, qui se base sur l’exploitation et la domination.
Face au mépris des gouvernements Charest et Harper, dans un contexte de grève étudiante, le Centre d'éducation et d'action des femmes de Montréal (CÉAF) n’a eu d’autre choix que de voter la grève sociale. Le 15 mai, le CÉAF sortira pour dénoncer les mesures politiques d'austérité et le manque flagrant d’écoute du gouvernement face à la population. C’est une atteinte grave à notre démocratie.
Grève sociale, êtes-vous intéressées? Sommes-nous rendues là? Si la grève est un moyen, quel en serait l'objectif? Qu'en pensez-vous? Un topo tourné par Les Alter-Citoyens pendant la manifestation du 14 avril organisée par la CLASSE et la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics.
« Pour la grande majorité des populations des pays du monde, les paradis fiscaux représentent un « enfer social », c’est-à-dire une échappatoire qui permet à tous les voyous millionnaires de la planète de ne pas payer leur juste part au bien commun. Si les paradis fiscaux représentent pour les pays développés un manque à gagner fiscal significatif, fragilisant leur système de protection sociale, ils sont un véritable enfer pour les pays en développement. Vous le verrez dans ce numéro, les preuves sont nombreuses pour démontrer que la fraude massive, celle qui peut véritablement faire la différence sur les comptes publics, est d’abord et avant tout l’affaire des élites économiques. »
Fruit d’une collaboration entre les Éditions Vie économique et ATTAC-Québec, ce numéro a exceptionnellement été édité dans un format papier (64 pages) en plus d'être diffusé en ligne. Pour en commander des copies, écrire à quebec@attac.org. Coût : 5 $, frais de poste en sus. Achats groupés de plus de 50 copies : 3 $, frais de poste en sus.
par Diane Lamoureux, professeure au Département de science politique de l'Université Laval
Le mouvement de grève étudiante qui a démarré sur un refus de la hausse des frais de scolarité autour du slogan « bloquons la hausse » a pris une coloration différente de celle qu'il avait au départ du fait de l'intransigeance du gouvernement et des effets politisants de l'action politique elle-même.
Certes, la hausse des frais de scolarité n'est pas un prétexte. Comme se plaît à le rappeler la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, c'est avec une rare unanimité que la FECQ, la FEUQ et la CLASSE ont refusé de participer à des consultations bidon où il n'était pas question de remettre en cause la hausse, seulement d'en discuter les modalités d'application. En réitérant leur refus lors de la manifestation de novembre 2011, puis en déclenchant un mouvement de grève à partir de la mi-février, les étudiants ont clairement indiqué qu'ils refusaient la hausse des frais de scolarité.